Burundi - Vue d'ensemble

  • Vue d’ensemble

    Le Burundi est un petit pays enclavé (27 830 km²) qui fait partie des cinq pays les plus pauvres de la planète. C’est le deuxième pays d’Afrique le plus densément peuplé (environ 11,18 millions d’habitants et 470 habitants/km²). Il se classe à la 180e place sur 186 pays selon l’Indice de développement humain. Près de 64,9 % de sa population vit en-dessous du seuil de pauvreté. La pauvreté est principalement rurale et touche essentiellement les petits agriculteurs. L’économie burundaise est largement tributaire de l’agriculture, qui emploie 90 % de la population, même si les terres arables sont extrêmement rares.

    Contexte politique

    Depuis son indépendance, le Burundi se caractérise par une grande instabilité politique et par une violence généralisée. Après l’accord de paix d’Arusha, en 2000, il a connu une relative stabilité et une reprise économique. Mais, en 2015, la réélection de Pierre Nkurunziza à la présidence a déclenché une crise politique qui a fait plus de 500 morts et entraîné le déplacement de 300 000 personnes (d’après le UNHCR). Si, en 2016, la violence a fortement reculé dans tout le pays, y compris à Bujumbura, les assassinats ciblés n’ont pas cessé. En octobre 2016, le Burundi a annoncé son intention de quitter la Cour pénale internationale (CPI). Le parti au pouvoir, le CNDD-FDD (Conseil National pour la Défense de la Démocratie – Forces de Défense de la Démocratie), a accru sa mainmise sur l’appareil d’État. Appuyé par le Parlement, le gouvernement a rejeté la résolution 2303 du Conseil de sécurité des Nations Unies, qui prévoyait de déployer 228 policiers dans le pays. Faisant suite aux recommandations énoncées dans le rapport préliminaire de la Commission nationale de dialogue interburundais, les autorités ont mis en place une commission chargée d’aligner la Constitution sur celle des pays membres de la Communauté de l'Afrique de l'Est (CAE).

    Contexte social

    La majeure partie de la population burundaise reste pauvre. L’insécurité alimentaire est alarmante : le Burundi arrive dernier du classement selon l’Indice de la faim dans le monde de 2013. Près d’un ménage sur deux (environ 4,6 millions de personnes) souffre d’insécurité alimentaire, et plus de la moitié des enfants affichent un retard de croissance (PAM, 2014 et 2016). L’accès à l’eau et à l’assainissement est très faible et moins de 5 % de la population totale est raccordée à l’électricité (Banque mondiale, 2016).

    Contexte économique

    En 2016, le pays a continué d’afficher une croissance négative, en raison de la fragilité de l’environnement politique, d’une consommation privée certainement affaiblie par une contraction de la production alimentaire imputable aux chocs climatiques, d’une saison creuse plus longue que prévu et des migrations forcées (réfugiés et personnes déplacées à l’intérieur du pays).

    L’économie réelle s’est toutefois améliorée ces derniers mois, sous l’effet de la hausse de la croissance de l’investissement privé. Les produits de consommation courante (savons et huiles alimentaires, boissons et cigarettes) et le secteur du ciment ont trouvé de nouveaux marchés, à la fois dans le pays et à l’international. Grâce à ces secteurs, l’indice mensuel de production industrielle moyen a progressé de 1,7 % entre 2015 et 2016. Toutefois, le faible taux de mise en œuvre des investissements publics financés à l'échelle nationale et la réduction de projets bénéficiant de financements extérieurs tempèrent l’espoir de voir la croissance rebondir plus rapidement.

    Si l’inflation globale reste modérée, à 6,0 %, soit en-deçà du niveau de convergence de 8 % convenu dans les accords d’intégration régionale de la CAE, l’état alarmant des réserves de change explique la révision à la hausse des prévisions d’inflation ces derniers mois.

    Les autorités continuent d’agir pour compenser en partie l’arrêt de l’appui budgétaire extérieur, en mettant l’accent sur la mobilisation des ressources intérieures.

    La banque centrale poursuit sa politique d’assouplissement monétaire afin de financer un déficit budgétaire qui se creuse. D’après les estimations actuelles, calculées à partir des données de la banque centrale, le ratio d’endettement dépassera bientôt 45 % du PIB.

  • L’action du Groupe de la Banque mondiale au Burundi

    • L’Association internationale de développement (IDA) appuie les politiques que le Burundi a mises en œuvre afin d’améliorer sa situation dans différents domaines : gestion économique, efficacité du secteur public, croissance économique, agriculture, protection de l’environnement, infrastructures, services énergétiques de base et santé. Les engagements actuels de l’IDA totalisent 493,2 millions de dollars, répartis entre huit projets nationaux (324,8 millions) et quatre projets régionaux (168,4 millions).
    • Après avoir effectué une Analyse de la performance et des enseignements (PLR), en 3 avril 2015  la Banque mondiale, a décidé de donner la priorité aux interventions susceptibles d’offrir davantage d’opportunités à la population burundaise, dans l’optique de faire reculer la pauvreté et de favoriser la paix et la stabilité dans le pays.
    • Le Groupe de la Banque mondiale a intensifié ses efforts conformément aux objectifs de sa Stratégie d’aide-pays : il s’agit de renforcer la compétitivité, la résilience et la gouvernance du Burundi en vue de mettre fin à la pauvreté et de promouvoir une croissance économique plus équitable.
    • Compte tenu de la matérialisation des risques induits par la crise politique, le Groupe de la Banque mondiale adapte ses interventions sur la base des constats de la PLR, et tout particulièrement ses opérations à l’appui des politiques de développement. Il renforce également ses activités dans le cadre du deuxième pilier de la Stratégie d’aide-pays (améliorer la résilience en consolidant la stabilité sociale), notamment les programmes de santé et de protection sociale.
    • Le 7 juin 2016, les dirigeants de la Banque mondiale ont adressé une note informelle au Conseil des administrateurs, lequel a approuvé le plan d’action qui se fonde sur l’évaluation des fragilités et des risques.
    • L’Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA) a proposé son assistance pour apurer avant réclamation les arriérés de paiement sur le seul investissement garanti (Cotecna) dont bénéficie actuellement le Burundi.
    • Agriculture et développement rural. Au cours de la dernière décennie, la Banque mondiale a supervisé les efforts déployés par les donateurs pour soutenir l’agriculture et le développement rural au Burundi, via des analyses et des projets divers. Ainsi, le Projet de développement des marchés et de la productivité du secteur agro-pastoral (PRODEMA) (43 millions de dollars) accroîtra la productivité des petits exploitants et facilitera leur accès aux marchés dans 10 des 18 provinces du pays. Autre exemple : le Projet pour la compétitivité du secteur caféier (55 millions de dollars), approuvé le 19 juin 2016, aide 300 000 petits cultivateurs à réaliser des gains de productivité et de qualité. En outre, le Burundi participe au Projet intégré de développement de l’agriculture dans la région des Grands Lacs (75 millions de dollars). Ce projet, qui doit être achevé en mai 2017, a pour objectif de faire augmenter la productivité agricole en incitant le secteur privé à investir davantage et en améliorant l’intégration de l’agriculture au niveau régional.
      Au total, 129 000 personnes (dont environ 50 % de femmes) bénéficient directement de ces projets, et 645 000 indirectement.
      Environ 1 386 hectares de terres marécageuses ont été réhabilités, 43 kilomètres de routes remis en état et 11 898 hectares de zones de collines protégés. La production de riz est passée de 2,5 à 4,1 tonnes par hectare, celle de bananes de 9 à 22,90 tonnes par hectare, et celle de lait de 360 à 1 260 litres par an.
    • Gestion et gouvernance du secteur public. L’IDA apporte actuellement une assistance technique (22 millions de dollars) pour renforcer, moderniser et réorganiser les ministères des Finances et des Mines, ainsi que l’administration fiscale du Burundi, afin que ces trois institutions puissent déployer plus efficacement les réformes de la gestion des finances publiques et accroître la mobilisation des recettes intérieures.
    • Environnement. Le développement socio-économique du pays repose en grande partie sur ses ressources naturelles. Or, la dégradation des terres est le problème environnemental le plus grave au Burundi (on estime qu’un tiers de ses terres sont aujourd’hui fortement dégradées), et le changement climatique amplifie ce phénomène. Pour relever ces nombreux défis, la Banque mondiale aide le Burundi à réaliser le projet Contexte durable pour le café, financé par le Fonds pour l’environnement mondial (FEM), qui encourage la gestion durable des terres – notamment pour la caféiculture à l’ombre – afin de lutter contre leur dégradation, ainsi que le Projet de gestion de l'environnement du lac Victoria, qui a pour objectif de réduire la pollution dans cette zone. Un programme de restauration des terres dégradées dans les régions les plus touchées est d’ailleurs en cours d’élaboration.
    • Accès au financement. Le secteur financier burundais a été nettement amélioré au cours des cinq dernières années. Le Projet de développement du secteur financier et du secteur privé  a permis de moderniser la banque centrale et d’instaurer des systèmes de paiement.
    • Développement local résilient. Le Projet de développement local pour l’emploi  est axé sur la création d’emplois à court et à moyen terme, en particulier pour les jeunes et les femmes, et sur l’offre de services répondant à des besoins croissants.
    • Routes. Dans le cadre du Projet d’urgence pour la résilience des infrastructures du Burundi (25 millions de dollars), la Banque mondiale participe à la remise en état du réseau routier et des ponts endommagés par les inondations de février 2014. 
    • Énergie. Avec le Projet de développement des centrales de Jiji et Mulembwe , la Banque aide le Burundi à améliorer l’accès de ses habitants à une énergie écologique et bon marché, qui représente une puissance totale de 49,5 mégawatts.
    • Santé. L’IDA est la plus importance source de financement basé sur la performance dans le secteur de la santé : au cours des cinq dernières années, elle a alloué 25 millions de dollars à un programme de soins maternels gratuits. Un deuxième financement additionnel du Projet d'appui au développement du secteur de la santé au Burundi est prévu.
    • Protection sociale. En 2017, l’IDA entend décaisser 40 millions de dollars pour aider le Burundi à mettre en place un système national de protection sociale et de transferts numéraires, dont bénéficieront 40 000 ménages dans quatre provinces.
  • L’aide des donateurs n’est plus coordonnée depuis le début de la crise politique au Burundi. La Banque mondiale et les agences des Nations Unies cherchent à relancer le processus de consultation avec les institutions multilatérales de développement, dans l’optique de promouvoir le dialogue ou d’appuyer des programmes qui favoriseront de réelles avancées socio-économiques.

    La Banque mondiale œuvre en partenariat avec des organisations non gouvernementales spécialisées et d’autres acteurs du développement pour concevoir et soutenir des programmes d’investissement dans la santé, le développement rural, la protection sociale et l’énergie.

    Malgré la suspension des opérations d’appui budgétaire ainsi que du programme du Fonds monétaire international (FMI), la Banque travaille en étroite coopération avec ce dernier pour évaluer l’impact macro-économique de la crise actuelle.

     

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